Valjean

Cette adaptation des Misérables, pour la première fois sous la forme d’un monologue, nous donne une approche simple essentielle et intimiste du chef-d’œuvre de Victor Hugo.

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Valjean vit seul depuis le départ de Cosette qui vient d’épouser Marius. 

Le vieil homme, reclus, décide d’écrire une lettre à son gendre pour lui révéler son identité : sa jeunesse, dix-neuf années de bagne, l’étonnante rédemption, la réussite sociale… et la traque à nouveau.

D’une haine farouche de l’espèce humaine à la découverte de l’amour, Valjean incarne une élévation de la conscience.

Anti-héros devenu icône héroïque, il demeure avant tout un être humain et donc profondément vulnérable.

Note d’intention de Mise en Scène par Elsa Saladin

Valjean un miroir aux multiples visages ?

V comme Victor ?

C’est en exil qu’Hugo écrira les Misérables, écho d’un autre exil, celui de Jean Valjean, auquel nous donnons corps ici. L’un comme l’autre sont porteurs de valeurs républicaines. Une même passion les anime : lutte contre les injustices, aide au plus démunis…  Valjean incarne alors l’Humanisme Hugolien. 

Mais ce sont les blessures de l’auteur qui vont insuffler au héros sa véritable humanité. Leur gémellité troublante s’immisce jusque dans le rapport œdipien à la fille tant aimée. Celle qui grandit et quitte la demeure du père pour en aimer un autre, un gouffre dont … ni Victor ni Valjean ne se remettront. C’est ainsi en écrivant à Marius, le mari de Cosette, que Valjean entre en scène pour lui révéler sa véritable identité.

V comme…Vidocq ?

« Mort en 1857 sans se douter que Victor Hugo le remercierait en immortalisant cinq ans plus tard, sous les traits de Jean Valjean. »  (François Lacassin, préface des Mémoires de Vidocq.) Ou l’histoire d’un petit malfrat, qui se transforme pour échapper à la loi, puis choisi d’intégrer le monde des « honnêtes gens ». Ses métamorphoses prennent alors un autre chemin, celui de la conscience. Une transmutation emplie de doutes, et soumise à bien des épreuves. C’est à un récit initiatique auquel Hugo nous invite.

V comme Voyage intérieur ?

Tout est symbole chez Hugo  jusqu’aux noms propres. Jean Valjean, est celui qui « vaut autant que Jean » autant que n’importe lequel d’entre nous, quelle que soit sa condition ou sa naissance.

Hugo parsème ainsi son œuvre de symboles qui sont autant de signes sur lesquels se fonde le travail du comédien.

V… Comme vide.

Quand l’exil est là on est dans l’essentiel. Partir c’est constater ce qui reste. Aussi, le plateau sera-t-il dépouillé à l’épure.

V… comme vous et moi…

Parce que Valjean est simplement humain, ses doutes, ses peurs, ses espoirs et ses peines sont aussi les nôtres. Je vous invite à contempler dans ce miroir, ce qu’il reste en vous de Jean Valjean…

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